« Dans la période actuelle et inédite , certains centres aquatiques souffrent un peu moins de l’augmentation du gaz et de l’électricité car ils recourent à des énergies locales et à un mode d’exploitation privilégiant l’efficacité énergétique avec des équipements modernes. La résilience à la volatilité du coût des énergies dépend principalement des moyens opérationnels et des solutions techniques locales mis en œuvre plutôt que du mode de gestion (régie ou DSP)»

 

 

 

 

 

Qu’est ce que le SNEC et quel est le métier de vos entreprises ?

Notre syndicat regroupe une soixantaine d’entreprises spécialisées dans l’efficacité énergétique. Nous couvrons toute la chaine de valeur : gestion d’énergie, conception, financement et exécution de travaux, exploitation et maintenance des installations sans oublier la sensibilisation des usagers.

Nos clients sont les secteurs tertiaire, l’industrie, l’habitat privé et public, la santé, l’Etat. Pour tous ces clients, nos entreprises transforment l’énergie, la gèrent au moindre coût tout en tenant compte des enjeux environnementaux, et bien sûr avec des engagements de baisse des consommations et de résultats en terme de qualité de service.

 

Si on parle chauffage des piscines, quel est l’intérêt de faire appel à des énergéticiens spécialisés, comme les entreprises du SNEC ?

Nous travaillons beaucoup dans les centres aquatiques de plusieurs manières, soit directement via les collectivités, via les délégataires en sous ou co-traitance, et également  dans le cadre de marchés public globaux de performance lorsqu’il s’agit de construction de nouveaux centres, en groupement des entreprises du bâtiment. La piscine est un bâtiment complexe qui nécessite une expertise dans un grand nombre de domaines : le traitement de l’eau, le traitement de l’air, le chauffage, l’eau chaude, la réglementation liée à l’hygiène.

En matière de gestion énergétique , les différents éléments que sont  l’eau,l’air et hygrométrie interagissent entre eux. Ainsi, lorsque nous modifions un paramètre, cela des conséquences sur les 2 autres en terme de consommation mais aussi de pérennité du bâtiment, de confort & de sécurité des baigneurs.

La sécurité et le confort des baigneurs est donc lié à une maitrise complète de ces métiers, et une disponibilité 7/7 et 24h/24.

Concernant l’énergie, nos entreprises ont la capacité de mettre en place des processus d’achat et de veille pour proposer le meilleur prix à nos clients. Ce n’est pas rien car l’énergie est un des postes de cout majeur d’un équipement aquatique. Il y a une vraie expertise d’achat gaz et électricité dans nos entreprises. On voit bien que certains contrats ont d’ailleurs bénéficié de conditions qui restent acceptables pour leurs clients et pour nos entreprises, même dans le contexte actuel

Une de nos valeurs  ajoutées concerne la gestion des « mix énergétique » avec le recours notamment à la biomasse , le bois étant une des énergies locales privilégiées et efficiente à condition de mettre en œuvre les expertises et moyens humains nécessaires localement. Pour gérer au mieux les crises comme celle que nous vivons actuellement, il va en effet falloir recourir plus massivement aux énergies locales, quelles soient renouvelables ou de récupération avec une priorité aux réseaux de chaleur qui sont à ce titre des solutions d’avenir, comme le contexte actuel nous le démontre.

Nous avons, enfin, un rôle de conseil important, pour proposer des travaux de modernisation en cas de besoin, améliorer l’usage du bâtiment, changer le mix énergétique.

 

Quels sont les équipements qui souffrent le moins de la crise énergétique actuelle ?

Dans la période actuelle, certains centres aquatiques souffrent un peu moins car ils recourent à des énergies locales. Cela ne dépend aucunement du mode de gestion (régie ou DSP).

Dans les équipements où les surcoûts ont importants, nous réfléchissons avec les clients à baisser les consommations, adapter l’usage lorsque c’est possible. Nous proposons des études pour recourir aux énergies locales et investir dans de nouvelles sources d’énergie.

A noter, coté réglementaire,  que les piscines sont bien assujetties au Décret Tertiaire et que c’est donc une opportunité que de mettre en place des actions ambitieuses.

Instrumenter ces objets complexes et énergivores, par ailleurs, c’est se donner la possibilité de profiter davantage de l’inertie très forte de ce type d’équipement et donc de grosses économies (Décret BACS).

Il faut, dans tous les cas se mettre tous autour de la table, collectivités, délégataires, énergéticiens pour trouver des solutions.

 

Que vous inspire le sujet sobriété ?

La sobriété, c’est à la fois de la technique et de l’usage. Ce sont des gestes et des comportements au quotidien, mais aussi de la technologie pour permettre aux usagers de maitriser leur consommation : chauffer à la bonne température et au bon moment par des actions manuelles ou par une maitrise des systèmes de régulation et de gestion des consommations.  Nos entreprises ont, dans les deux domaines, un rôle de conseil important et de service au quotidien.

Nous sommes ainsi un maillon important dans la transition énergétique, dans la mesure où nos opérateurs agissent sur les trois leviers que sont la sobriété, l’efficacité énergétique et le recours aux  énergies renouvelables et de récupération.