« L’appartenance à un groupe permet un échange fluide de bonnes pratiques entre réseaux de transports, orchestré par le siège. Cela nous a permis de mettre en place de manière pragmatique les mesures les plus efficaces pour nos clients et nos agents. Les expériences « terrain » des réseaux ont été très vites mutualisées pour faciliter le déploiement des meilleures pratiques. »

 

 

 

  • Quels ont été les principaux enjeux du réseau de transports de Saint Etienne Métropole pendant la crise ? 

 Pendant la période de confinement l’enjeu a été double : garantir la sécurité des voyageurs et des collaborateurs tout en maintenant un service public adapté. Au niveau de la sécurité, nous avons travaillé en lien étroit avec les équipes QSE du groupe Transdev qui ont fixé un cadre de travail très précis dès le début de la crise. Il a été ensuite enrichi dans le cadre du dialogue interne d’une part et avec notre autorité organisatrice d’autre part.

A Saint-Etienne, les mesures mises en place rapidement ont consisté à interdire la montée par l’avant et à mettre en place un double process de désinfection :  désinfecter, en premier lieu, les postes de conduite et barres de maintien des bus et tramways par application de produit virucide et pulvériser de produit virucide l’ensemble des véhicules de Saint-Etienne Métropole.

Concernant la sécurité de nos salariés, tous les conducteurs étaient protégés par une vitre.

L’offre de transport a été fortement réduite pour être adaptée à la situation de confinement. Nous avons procédé à un travail fin pour prendre en compte les besoins essentiels de cette période et notamment l’accès aux établissements de santé. C’est dans cette logique que notre Autorité Organisatrice a validé la mise en place d’un service gratuit et dédié de transport à la demande pour le personnel soignant.En terme de chiffre, pendant le confinement nous sommes descendus à une offre correspondant à 30% d’une offre normale pour 7% de la fréquentation. Nous avons veillé à ce que le niveau d’offre permette de respecter une distanciation physique.

 

  • Quels sont les problématiques de la reprise/sortie de crise ?

La gestion du déconfinement et de la reprise de l’offre de transport associé ont nécessité de prendre en compte plusieurs éléments :

  • la nécessité d’avoir un niveau d’offre suffisant pour permettre une reprise de l’activité en assurant la distanciation physique
  • en intégrant la contrainte portant sur l’effectif disponible pour mettre en place cette offre

La commande de notre Autorité Organisatrice était de prendre l’activité sur un  niveau élevé dès le départ, soit 80% du niveau d’offre dès la fin du confinement pour revenir à 100% dès début juin. L’ensemble des équipes de la STAS et ses partenaires se sont mobilisés pour délivrer ce service.

Nous avons très rapidement été amenés à prendre en compte une double contrainte : sécuriser les transports et gérer la distanciation physique tout en rassurant nos voyageurs pour permettre un retour progressif à une fréquentation normale.

Concernant la distanciation physique, nous avons déployé une information et une signalétique dans nos véhicules et aux arrêts notamment. Nous avons communiqué fortement sur le port du masque dans les transports, élément essentiel de la stratégie de sécurité sanitaire.

Nous avons accompagné les voyageurs par la présence d’agents aux arrêts clés pour diffuser de l’information et distribuer des masques pendant les premiers jours. En parallèle, nous avons organisé des contrôles avec les forces de l’ordre pour vérifier l’application de cette mesure obligatoire.

A titre d’exemple, entre mai et septembre, plus de 300 PV pour non port de masque ont été dressés uniquement par les agents de la STAS. Un chiffre à relativiser, cette mesure est globalement bien respectée par les voyageurs, notamment depuis sa généralisation dans les centre-villes (95% environ de voyageurs portent le masque).

En parallèle, le travail a porté sur la ré assurance des voyageurs de manière à permettre un retour progressif à une fréquentation normale.

Nous avons pris des mesures fortes en ce sens : en équipant tout notre matériel roulant de distributeurs de gel; en déployant des équipes de désinfection mobiles intervenant directement sur le réseau; en équipant notre agence commerciale principale d’une station de désinfection « virucides; en équipant cette même agence commerciale d’un distributeur automatique de masques réservé aux abonnés

Nous nous sommes également projetés en mettant nu point avec une entreprise stéphanoise un système de désinfection automatique qui équipera nos bus et tramway à la fin de cet automne.

 

  • L’appartenance à un groupe a-t-elle permis de mieux affronter la crise / d’accélérer la relance ? 

L’appartenance au groupe Transdev nous a permis d’avoir un cadre de travail très clair dès le début de la crise de d’anticiper les principales mesures. Cela nous a permis de conseiller et d’accompagner notre Autorité Organisatrice sur les actions indispensables à la continuité du service public dès le déclenchement du confinement. Nous avons pu ainsi associer au maximum nos agents et notamment nos partenaires sociaux.

Autre point important, l’échange fluide de bonnes pratiques entre réseaux de transports orchestré par notre siège. Cela nous a permis de mettre en place de manière pragmatique les mesures les plus efficaces pour nos clients et nos agents. Les expériences « terrain » des réseaux ont été très vites mutualisées pour faciliter le déploiement des meilleures pratiques.

Enfin, cette période a permis de mettre en évidence la forte solidarité au sein des équipes de Transdev avec notamment une entraide formidable entre réseau, notamment sur les questions de disponibilité de produits qui est un des éléments les plus sensibles dans cette gestion de crise. Au pic de la crise, les entreprises ont spontanément mutualisées des ressources, ce qui a permis d’éviter toute rupture de stock et ainsi permettre la continuité du service public.

 

  • En quoi la crise va-t-elle impacter durablement le réseau de transport (modèle économique et contractuel, changements de comportements des usagers…) ?

 La sortie de crise va forcément poser la question de l’évolution des comportements, et donc de l’évolution des déplacements. Nous sommes très attentifs à l’évolution du télétravail et l’impact qu’il aura sur les déplacements de nos clients, tout comme sur l’organisation de l’entreprise. Cela nous amène à revoir notamment nos modèles de prévision de trafic et de recettes associés.

 

A LIRE EGALEMENT :

 

 

Transdev et le réseau Mistral à Toulon, un opérateur engagé dans la vie locale