Par Olivier Grunberg, Président de l’UNSPIC

Presque chaque mois, un nouveau sondage analyse le rapport que les Français entretiennent avec leurs services publics. Ces consultations mettent en évidence un attachement fort de nos concitoyens à leurs services publics, considérés comme des vecteurs importants de cohésion sociale. Ils mettent également souvent en exergue la crainte de voir ces services publics, notamment de proximité, se dégrader. Cette appréhension fait écho aux enjeux importants que doivent relever nos services publics pour répondre aux  nouveaux défis économiques, sociétaux et environnementaux (transition écologique, préservation des ressources, développement économique des territoires, passage au numérique, vieillissement de la population, formation, inclusion sociale …). Ces défis sont d’autant plus complexes qu’ils doivent être relevés  dans un contexte de contraintes sans précédent pesant sur les finances alors même que les usagers – clients – citoyens – contribuables sont de plus en plus exigeants sur la qualité des services.

Face à ces enjeux, l’heure n’est plus aux a priori et aux idées préconçues ;  il est urgent de se poser les bonnes questions et de regarder ce qui fonctionne dans notre pays.

Aujourd’hui, force est de constater que des milliers de services publics locaux sont délégués avec succès au secteur privé, dans des domaines qui touchent tous les domaines du quotidien des français. Contrairement aux rares contre-exemples fortement médiatisés de contrats déséquilibrés ou en échec, l’immense majorité de ces contrats sont des partenariats « gagnant-gagnant », qui permettent à une collectivité publique de s’adjoindre l’expertise d’un opérateur professionnel pour faire bénéficier son service du meilleur des deux mondes. Ceci au plus grand bénéfice des millions d’usagers – clients qui utilisent chaque jour, parfois sans le savoir, ces services publics délégués exercés sous le contrôle vigilant des autorités publiques.

Pour notre première édition de la Lettre de l’UNSPIC, nous avons souhaité mettre l’accent sur le rôle de l’autorité organisatrice dans les délégations de service public pour réaffirmer la responsabilité du politique dans la définition des missions de service public et le suivi de leur exécution. Car on a tendance à oublier qu’au-delà du choix d’un bon opérateur, les contrats de délégations de services publics ont besoin d’une puissance publique forte et impliquée pour réussir. A l’opposé de ce que certains considèrent comme une privatisation, la gestion déléguée constitue, bien au contraire, un moyen pour l’autorité organisatrice d’exercer son rôle de décideur et de façonner les contours du service public qu’elle souhaite offrir à ses citoyens,  sous réserve qu’elle se donne les moyens de contrôler et suivre le contrat tout au long de sa vie.