Olivier Grunberg

Olivier Grunberg, président de l’Union nationale des services publics industriels et commerciaux

Ces derniers mois, plusieurs sondages sont venus éclairer le rapport charnel de nos concitoyens à l’égard de leurs services publics, témoignant de sentiments empreints à la fois d’exigences, d’espoirs et, ou, d’inquiétudes. Révélatrices des défis à relever par nos collectivités publiques, les aspirations des Français soumettent une équation complexe à nos décideurs : comment améliorer la performance de nos services publics, au meilleur rapport qualité-prix, tout en préservant la situation de nos finances publiques ?

L’exigence de performance dans nos services publics se révèle, in fine, plus complexe que la simple réponse aux besoins, de plus en plus personnalisés, des usagers. Elle suppose, en effet, de prendre en compte, au-delà des enjeux financiers, la cohésion sociale et la transition écologique. Face à l’ampleur des défis, il est urgent de regarder ce qui fonctionne dans notre pays. A cet égard, la France a, depuis le XIXsiècle, développé un modèle unique de service public : la gestion déléguée de service public à des opérateurs spécialisés. Cette délégation, comme son nom l’indique, ne signifie pas la privatisation du service dans laquelle la vision réductrice de ses détracteurs voudrait l’enfermer. Elle participe, au contraire, d’une vision moderne du service public par un transfert de risques et une gestion efficace confiée à une entreprise experte, sous le pilotage – notamment financier – et le contrôle rigoureux d’une collectivité.

Les clés d’un partenariat réussi sont connues et doivent être réaffirmées : autorité politique forte, jouant un vrai rôle de maître d’ouvrage, choix de conseils qualifiés pour établir des cahiers des charges exigeants qui prennent en compte d’autres critères que le seul prix, contractualisation autour d’objectifs de performance clairs, compétence des agents chargés du suivi, dialogue permanent entre les parties prenantes…

Il convient, par ailleurs, de faire un usage intelligent des outils de la commande publique afin de susciter les meilleures réponses aux besoins publics, de négocier des contrats sur mesure et de promouvoir l’innovation. Quand ces conditions de succès sont au rendez-vous, la gestion déléguée constitue un formidable outil de performance au service des collectivités. Elle se révèle, contre toute attente, souvent le mode de gestion le plus transparent. Les opérateurs privés de service publics ont un ancrage territorial fort, couplé à une véritable culture de service public ; ils décomptent plus d’un million de salariés dans des emplois non délocalisables dans des secteurs stratégiques pour les territoires.

Soumises à des mises en concurrence régulières, ces entreprises perfectionnent sans cesse leur expertise ; elles s’appuient sur les meilleures solutions issues de leur R&D, sur des comparaisons entre leurs multiples exploitations et assurent la montée en compétence de leurs salariés. La qualité des services que gèrent ces entreprises reposant essentiellement sur les compétences de leurs collaborateurs. Elles disposent, enfin, d’une capacité de pilotage des investissements qui leur permet d’accompagner les collectivités publiques dans leurs projets.

Ainsi, face aux défis contemporains, la délégation de services publics apparaît comme une solution résolument moderne et efficace. Elle se révèle être un moyen d’action puissant pour accroître la performance, dans le respect des valeurs d’impartialité, de continuité et d’adaptabilité qui sont l’essence même de nos services publics.